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PAROLES D'EXPERT.E.S #3
Sarah ZOUAK

Association Lallab

Chaque mois, un(e) expert(e) de l'entrepreneuriat social ou un(e) porteur(se) d'initiative positive vient répondre à nos questions. Ce mois-ci, Sarah Zouak, fondatrice de l'association Lallab, nous parle de sa vision du féminisme et de son engagement auprès des femmes.

Bonjour Sarah !

Peux-tu te présenter ? Quelle est ton histoire ?

Hello ! Je suis Sarah, 26 ans,entrepreneure sociale, réalisatrice de documentaires et féministe.

Diplômée d’un Master en école de commerce et d’un second Master en Relations Internationales, j’ai rapidement pris conscience de mon envie de m’engager pour des causes justes afin de donner un véritable sens à ma vie professionnelle.

Je me suis ainsi engagée dans de nombreuses associations liées aux droits humains, aux droits des femmes et à l’entrepreneuriat social (AIDES, Solidarité Féminine, MakeSense …) et j’ai écrit deux mémoires – dont l’un sur les féminismes islamiques au Maroc.

Aujourd’hui, je suis fondatrice du WomenSenseTour – in Muslim Countries et co-fondatrice de l’association Lallab. A travers ces projets, mon rêve est simple : que les femmes ne soient plus jugées, discriminées ou violentées du fait de leur genre, origine, appartenance religieuse, orientation sexuelle ou encore du fait de leur physique. Je rêve de vivre dans une société qui n’a pas peur de l’altérité et qui permette à chaque femme de s’épanouir, non pas malgré ses identités, mais grâce à elles.

Qu’est-ce que le WomenSense Tour ? Quel est l’objectif d’un tel projet ?

Le WomenSenseTour – in Muslim Countries est une série documentaire à la rencontre de femmes que l’on n’a pas l’habitude de voir : des femmes musulmanes actrices du changement.

Avec un sac à dos et une caméra, j’ai entrepris un long voyage pour mettre en lumière des femmes musulmanes plurielles, bien loin des clichés habituels.

Pendant 5 mois, j’ai sillonné 5 pays musulmans- le Maroc, la Tunisie, la Turquie, l’Iran et l’Indonésie - pour aller à la rencontre de 25 femmes qui allient sereinement leur foi et leur engagement pour l’égalité et l’émancipation des femmes. Parce que oui c’est possible ! ;)

Cette série documentaire a débuté par une quête personnelle en tant que jeune femme française, marocaine et de confession musulmane, un besoin viscéral de me battre contre ce récit unique que l’on ne cesse d’entendre sur les femmes musulmanes.

Je souhaitais déconstruire les préjugés sur les femmes musulmanes, constamment représentées comme des femmes soumises, oppressées et victimes et aussi susciter l’inspiration pour que chaque femme devienne actrice de sa propre vie.

Pour tout vous dire, avant d’entamer ce long voyage, je n’avais jamais touché une caméra, mais faire des documentaires et rencontrer tous ces modèles de femmes était devenu pour moi une véritable nécessité ! Un moyen puissant de me réapproprier ma narration en tant que femme musulmane, d’être enfin actrice de mon récit.

Aujourd’hui le premier épisode Maroc (52 min) de la série documentaire WST a été lancé et nous organisons des projections partout en France et au Maroc ;) Découvrez le teaser du premier épisode !
[Note de l'éditeur: Projection le 02 septembre à 18h30 à Espace Bidaya]

Qu’est-ce qui t’a le plus surprise lors de tes voyages ? Quelles sont les initiatives qui t’ont le plus marquée au cours du WomenSenseTour ?

Tout au long de mon voyage j’ai eu la chance de rencontrer des femmes plurielles aux projets terriblement inspirants. Des femmes jeunes, moins jeunes, urbaines, rurales, éduquées, analphabètes, des femmes très différentes les unes des autres mais qui agissent toutes pour l’émancipation des femmes.

J’ai eu la chance de rencontrer Khadija Elharim au Maroc, fondatrice de la première coopérative d’argan de la région de Tafraout qui m’a hébergée chez elle et m’a fait découvrir le monde rural marocain que je ne connaissais que très peu. Khadija est divorcée, élève ses filles seules et est analphabète, elle m’a prouvé qu’on n’avait pas besoin d’avoir lu des milliers de livres ou assisté à plein de conférences pour agir et a pris à bras le corps la thématique des droits des femmes dans son village.

J’ai également rencontré la merveilleuse Fatemeh Ashrafi en Iran, fondatrice de l’association HAMI à Téhéran pour les femmes réfugiées, l’incroyable Sanaa Ben Achour en Tunisie, fondatrice de l’association Beity qui vient en aide aux femmes dans la rue ou encore l’étonnante Lita Angraini, en Indonésie, fondatrice d’une association pour les femmes domestiques.

N’hésitez pas à découvrir leurs portraits sur www.womensensetour.com

Suite au WST, vous avez créé avec ta co-équipière Justine Devillaine l'entreprise sociale Lallab. Pourrais-tu nous en dire plus sur vos activités et votre modèle ?

A la suite du voyage du WST, avec mon amie Justine qui m’avait accompagnée en Iran et en Indonésie et qui co-réalise avec moi les documentaires, nous avons décidé de fonder l’association Lallab. Tout d’abord Lallab, c’est l’association des mots « Lalla » (madame en arabe) et « Lab » (laboratoire), et cela se veut être un laboratoire d’idées et de rencontres à vocation féministe et antiraciste.
 
Lallab est un magazine en ligne et une association basée en France et dont le but est de faire entendre les voix des femmes musulmanes qui sont au cœur d’oppressions racistes et sexistes. Nous façonnons un monde dans lequel les femmes choisissent en toute liberté les armes de leur émancipation. Notre mission principale est de lutter contre les préjugés sur les femmes musulmanes.

Pour cela nos activités s’articulent autour de 4 pôles :

  • Le magazine en ligne, qui a pour mission de révolutionner l’image des femmes musulmanes et d’être le média francophone de référence sur la thématique,
  • Les ateliers de sensibilisation : des ateliers dans les lycées et les établissements du supérieur afin de sensibiliser et offrir des clés d’analyse aux élèves,
  • Les échanges (dé)constructifs : des espaces de réflexions et de rencontres ouverts à tou.te.s,
  • La boite de production : réalisation de documentaires de court et long-métrage.

Notre business model est basé sur deux activités génératrices de revenus : les ateliers de sensibilisation que nous menons auprès de différents organismes et pour lesquels l’association est rémunérée ainsi que l’organisation de projections/débats partout en France dont les formules sont payantes. Nous bénéficions également de fonds provenant de l’adhésion des membres de l’association et de quelques subventions publiques pour le fonctionnement de notre association.

Le 2 septembre, tu seras à Espace Bidaya pour la toute première projection au Maroc du premier épisode du WST. Quel message voudrais-tu adresser aux personnes qui suivent tes aventures et aimeraient venir te voir?

Je suis toute excitée à l’idée de présenter l’épisode 1 de ma série documentaire WST pour la première fois au Maroc !

J’ai hâte de présenter les femmes ô combien inspirantes que j’ai rencontrées et j’espère de tout cœur que vous serez aussi inspirés que moi après avoir découvert leurs histoires et leurs vécues. Alors venez on va passer une très belle soirée ;)

Merci Sarah !

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