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PORTRAIT DU MOIS #4 - ONZURNA

Massita Sissoko & Sana Hafouaiz - Promo #2

Découvrez tous les mois les portraits de deux entrepreneurs incubés à Espace Bidaya !
Pour cette seconde édition, rendez-vous avec Massita Sissoko et Sana Afouaiz, Fondatrices de Onzurna.

Bonjour Massita ! Bonjour Sana !

Qui se cache derrière Onzurna ? Quels sont vos parcours ?

Bonjour,

Nous sommes une équipe 100% féminine, au service du bien-être et de l’autonomisation des femmes, via la création d’un label de mode novateur.

L’équipe fondatrice est composée de moi-même Manthitan Massita SISSOKO, actuellement assistante de projet dans une organisation internationale, je suis française d’origine malienne, j’ai grandi en France dans un milieu multiculturel. J’aime à raconter que dans l’immeuble de 5 étages dans lequel j’ai grandi, s’y trouvait à chaque porte une origine différente (Algérie, Inde, Turque, Guadeloupe, Chine, Portugal…). Peut être est-ce qui m’a poussée à être diplômée d’un Master en Mondialisation, Dynamiques spatiales et Développement Durable dans les Pays du Sud. J’ai également passé 1 an à me former dans le domaine de l’entrepreneuriat, notamment auprès de l’ADIE, L’Ecole des mines d’Albi et grâce aux universités d’été d’HEC Paris. C’est d’ailleurs au cours d’une formation entrepreneuriale aux Nations Unies (UNIDO) à Vienne que j’y ai rencontré ma partenaire Sana AFOUAIZ, le destin a voulu que nous partagions la même chambre. Diplômée d’un Master en communication et d’un Master en Sciences politiques, Sana est consultante et militante pour les Droits des Femmes. Elle apporte son savoir dans le domaine des partenariats et de l’empowerment des Femmes.

Plusieurs contributrices apportent également leur savoir-faire au projet, notamment dans le design des imprimés et du marketing.

Décrivez nous votre projet. A quelle problématique sociale et environnementale votre projet souhaite-t-il répondre ?

Il y a 3 grosses problématiques sur lesquelles le projet intervient : le secteur de la mode qui est non inclusif, l’autonomisation économique et sociale des femmes couturières, la pollution environnementale générée par le secteur textile.

Nous nous positionnons sur une niche, le « modestfashion ». Selon, le rapport « Économie islamique mondial 2014-2015 » par Thomson Reuters Corp. et Dinar Standard, les dépenses en vêtements et chaussures « modestfashion » sont évaluées à 484 milliards $ d'ici 2019. Il s'agit du seul secteur de l'habillement (avec le luxe) à connaître une hausse aussi remarquable.

Cependant, les clientes de ce segment peinent encore à trouver des vêtements dont elles sont totalement satisfaites (jugés vieillots ou peu pratiques d'après nos premières enquêtes),

C'est encore un secteur « jeune » où nous pensons pouvoir répondre à une demande féminine et donc participer à leur bien-être, en leur fournissant des modèles adéquats.

Par ailleurs, selon les statistiques d’Oxfam, les femmes occupent 60 à 90% des emplois dans le secteur de main-d'œuvre des vêtements, mais gagnent en moyenne 30% de moins que les hommes, à peine assez pour vivre dignement.

De plus, elles ne bénéficient pas d'avancement de carrière ou de développement personnel (la majorité d'entre elles sont toujours analphabètes...). Avec ce projet nous leur fournissons des conditions de travail favorables, un salaire emprunt d’éthique et des cours d’alphabétisation, afin de leur permettre de vivre décemment et d’obtenir une indépendance économique.

Leur offrir une sécurité financière encourage les femmes à investir à leur tour en envoyant leurs enfants à l'école.

De plus, au vu de l’impact négatif du secteur textile sur l’environnement, notre label se veut également éco-responsable. Nous veillons à produire de manière responsable tout au long de la chaîne de production en utilisant exclusivement des textiles ayant un faible impact sur l’environnement. Donc des textiles utilisant peu d’eau lors de leur production, des textiles bio-innovants et exclusivement éco-responsables.

« La transparence est la 1ère chose qui va transformer cette industrie ». C’est exactement cela notre mantra.

Comment avez-vous eu cette idée ?

Massita : Un beau matin, ma petite sœur s’est mise à porter le voile. Très vite, j’ai constaté que les vêtements sur le marché n’étaient pas adaptés à ce à quoi elle aspirait. J’ai également constaté qu’elle subissait la chaleur sous son voile en été, qu’elle utilisait des épingles avec lesquelles elle se piquait… bref qu’elle utilisait le système D pour se vêtir et que c’est une problématique qui touche des millions de femmes dans le monde entier.

En m’intéressant à la manière de développer une ligne de vêtements inclusive en mesure de convenir à toutes les femmes, qu’elles soient voilées ou non, j’ai aussi découvert les problématiques du secteur textile énoncées précédemment. Cela a décuplé ma volonté de me lancer.

Quelles ont été vos motivations principales lors de la création de votre projet ?

Sana : je crois que pour renforcer les capacités des femmes, il est indispensable de leur fournir des opportunités économiques dignes de ce nom, c’est ce à quoi je souhaite contribuer avec le projet « Onzurna ».

Massita : je suis une personne très empathique, j’ai toujours eu à cœur d’aider les autres. Le projet, je l’ai lancé avec l’idée de rendre service, de contribuer au bien-être d’autres femmes. Ce qui est motivant c’est d’avoir un impact positif sur la vie des gens, tant les fournisseurs éthiques, les femmes que nous allons autonomiser, que les futures consommatrices qui pourront enfin trouver le type de vêtements qu’elles souhaitent. Le bien-être et le respect de l’environnement sont au cœur du processus de A à Z.

Les vêtements seront conçus non pas juste sur des critères esthétiques comme c’est actuellement le cas, mais également en y intégrant des textiles et des designs innovants qui vont faciliter la vie des femmes. Plusieurs de nos modèles comporteront une innovation biomimétique brevetée, à savoir un système d’aération, inspiré des alvéoles des ruches d’abeille.

C’est le cœur qui m’a amené sur ce projet, et j’ai véritablement à cœur de changer les choses.

Ce qui est certain, c’est que le label de mode Onzurna va venir challenger le statu quo.

Où en êtes-vous aujourd’hui ? Avez-vous rencontré des coopératives ? Des partenaires potentiels ?

Alors, nous sommes justement en plein dans la période de finalisation du sourcing du textile, des partenariats et de la réalisation des prototypes.

Nous étions déjà en contact avec une première startup qui couve une coopérative de femmes couturières, nous sommes actuellement en contact avec une seconde coopérative de couture de femmes migrantes.

D’ici deux mois, les premiers prototypes seront prêts.

Par ailleurs, nous visons à nouer un partenariat avec une école de mode pour soutenir le volet patronage des vêtements.

Le projet avance progressivement, et par ailleurs, nous n’hésitons pas à participer à des concours internationaux, afin de le promouvoir et d’obtenir des fonds supplémentaires qui nous aideront à accélérer notre lancement.

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