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PORTRAIT DU MOIS - TADAMOUNE

Mouna El Mdari - Promo #2

Découvrez tous les mois un portrait d’entrepreneur incubé à Espace Bidaya !

Ce mois-ci, rendez-vous avec Mouna El Mdari, la porteuse du projet Tadamoune.

Qui se cache derrière Tadamoune ? Pourrais-tu nous en dire plus sur l’association Al Jisr et sur ton parcours ?

Derrière Tadamoune se cachent deux équipes qui militent pour les enfants et leur droit d’accès à une éducation préscolaire de qualité.

La première équipe est constituée de 4 jeunes femmes du quartier périphérique de Casablanca Médiouna, formées en pédagogie de la petite enfance et l’animation périscolaire et insérées en tant qu’éducatrices dans le projet Tadamoune.

La deuxième équipe qui se place derrière les rideaux et qui encadre et accompagne ces jeunes femmes est le pôle préscolaire de l’association Partenariat école entreprise Al Jisr. L’équipe est constituée de 3 personnes :

  • Najat, la responsable du pôle qui intervient dans le domaine de l’éducation de la petite enfance depuis 2007, elle est aussi formatrice de formateurs de préscolaire. Najat est depuis 2 ans consultante auprès de l’Union Européenne en projet de développement.  
  • Mouna, chargée de mission du pôle préscolaire et référente du projet Tadamoune auprès de l’incubateur Espace Bidaya et doctorante en Gestion des ressources marines.
  • Ahmed, le coordonnateur terrain du pôle préscolaire, qualifié pour l’encadrement pédagogique des éducatrices et le suivi terrain des projets du pôle de par ses 7 ans d’expériences dans le domaine de la petite enfance.

L’association Al Jisr est une association nationale reconnue d’utilité publique, créée en 1999 sous la présidence d’honneur de sa majesté le roi Mohamed VI et dont la mission est de contribuer à améliorer le système éducatif marocain via la mobilisation du secteur privé et ce à travers ces trois pôles d’activité :

  • Le pôle préscolaire : pour la création d’espaces préscolaire et la formation et qualification des éducateurs.
  • Le pôle parrainage des écoles publiques : pour le réaménagement des écoles publiques et l’implantation de divers programmes pédagogiques parascolaires avec les élèves.
  • Le pôle formation / insertion qui vise la formation des jeunes déscolarisés via plusieurs projets et l’orientation et l’accompagnement à l’insertion professionnelle.

Décrivez-nous votre projet. A quelles problématiques sociales votre projet souhaite-t-il répondre ?

Au Maroc, 40.3% des enfants préscolarisables n’ont pas accès à un préscolaire. En milieu rural, seuls 39,4% des enfants ont un accès à une éducation préscolaire dont 25,5% de filles uniquement.

Le préscolaire au Maroc appartient en sa totalité au privé (traditionnel (64,9%) et moderne (35,1%)) sous la tutelle de différents Ministères et fonctionne avec des éducateurs qui n’ont souvent aucune formation dans la petite enfance.

Cette situation explique les grandes disparités en termes de qualité pédagogique et de compétences des ressources humaines impliquées (éducatrices) et renforce l’iniquité sociale.

Notre intervention se situe dans un quartier à forte densité démographique, économiquement défavorisé où les besoins sociaux sont très importants sur tout ce qui a trait à l’Education. D’où l’opportunité à la fois sociale et économique de proposer une offre d’éducation préscolaire de qualité, accessible aux plus démunis.
 

Le projet TADAMOUNE, porté par l’association Al Jisr, consiste à offrir un préscolaire de qualité aux enfants (4 à 6 ans) de la commune Médiouna (périphérie de Casablanca) tout en contribuant à l’animation socioculturelle des enfants de cette même commune et dont la tranche d’âge varie de 6 à 12 ans, à travers des ateliers de renforcement et une formation d’animation pré et périscolaire scolaire.

  1. le préscolaire : gestion et animation de 3 classes de préscolaire au sein d’une école publique primaire (Moulay Idriss Al Azhar) par 4 des femmes formées et insérées en tant qu’éducatrices dans le projet ;
  2. la formation en animation périscolaire : par la mise en place d’un module de formation en animation périscolaire en faveur de jeunes chômeurs animé par les 4 éducatrices;
  3. les ateliers d’animation pour les élèves : mise en place d'ateliers thématiques (période des vacances)  animés par les éducatrices et les stagiaires en formation.

Comment avez-vous eu cette idée ?

Les classes préscolaires Al Jisr créées dans les zones défavorisées existent grâce au support financier de ses partenaires (réaménagement, équipement, formation des jeunes femmes du quartier, leur rémunération mensuelles). Al Jisr, dans l’objectif de répondre aux problèmes de pérennisation qui se posent souvent aux projets associatifs de développement, était dans la réflexion et la recherche d’une solution. C’est à ce moment, et grâce à nos partenaires Casaldels Infants et Soleterre qu’on a envisagé l’entrepreneuriat social comme solution.
 

On a voulu protéger notre cheval de bataille, l’éducation préscolaire de qualité des enfants qui, demain, seront des citoyens, mais on a aussi voulu élargir l’impact positif sur le reste de la communauté. Ainsi, après une étude de marché, on a décidé de créer deux activités annexes (la formation en périscolaire en faveur des jeunes en chômage du quartier et l’animation d’ateliers pédagogies en faveur des élèves de l’école primaire publique). Grâce à ces deux activités, les éducatrices peuvent générer des revenus supplémentaires, en plus des cotisations que paient les parents des enfants en préscolaire et qui ne dépassent pas 100dh par enfant par mois. L’ensemble de ces rentrées d’argent assurera une indépendance financière et une pérennisation du projet.

Quelles ont été vos principales motivations lors de la création de votre projet ?

Notre motivation était de pouvoir assurer un accès à une d’une éducation préscolaire de qualité aux enfants du quartier car 50% des enfants qui ne terminent par l’enseignement primaire n’ont pas reçu une éducation préscolaire.

Nous voulions aussi offrir des opportunités de formation, de qualification et d’insertion professionnelle à des femmes du quartier, motivées pour améliorer leur qualité de vie et leur qualité de travail, offrir des opportunités de formation aux jeunes du quartier en quête de travail qui pour faciliter leur insertion professionnelle, et enfin, améliorer l’environnement d’apprentissage des élèves du primaire et favoriser leur enfouissement via ces ateliers pédagogie en période de vacances.

Où en êtes-vous aujourd’hui ? Quels sont vos principaux besoins ?

Aujourd’hui, Tadamoune est un projet de 3 classes de préscolaire créées au sein d’une école publique primaire, accueillant 90 enfants de 4 à 6 ans par an. Ces classes sont gérées par 4 jeunes femmes du quartier formées en pédagogie de la petite enfance et en animation périscolaire et insérées en éducatrices dans le projet.

Les parents des enfants en préscolaire témoignent volontairement de leur satisfaction de la qualité d’éducation que reçoivent leur enfants et affirment être plus sensibles à l’importance du préscolaire, ce qui nous rend très fiers.

Tadamoune, c'est aussi une équipe de 4 femmes riches de plus de 5 ans d’expérience en tant qu’éducatrices et formées pour former des jeunes du quartier en animation périscolaire que l'on s’apprête à lancer dans les prochains mois, une expérience jusqu’à présent inexistante sur la commune de Médiouna.

Nous voulons partager notre expérience et communiquer sur la problématique de l’accès au préscolaire de qualité, nous voulons mobiliser le plus possible de partenaires autour de ce sujet d’importance majeure pour le Maroc d’aujourd’hui et de demain.

Comment comptez-vous vous développer d’ici les cinq prochaines années ?

Notre objectif d’ici les cinq années à venir est de pouvoir dupliquer cette expérience d’entreprisesociale permettant la pérennisation et l’indépendance financière de ces classes préscolaire sur tous les projets préscolaire gérées par Al Jisr pour le maximum d’impact possible.

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